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Montée en puissance

Vavouto, l’année de l’éveil

02/04/2014

À pas prudents mais sûrs, Koniambo Nickel SAS compte, en 2013, mettre son usine en fonctionnement et en sortir dix-sept mille tonnes de ferronickel. Le 10 avril, à 20h35, une étape technique fondamentale de ce calendrier a été franchie avec succès : le four de l’une des deux lignes de production du complexe de Vavouto a livré sa première coulée de métal. La marche vers la fabrication industrielle de nickel à grande échelle, en province Nord, a commencé.

Pourquoi tant d’émotion derrière une opération technique ?

Parce que le jalon de la « première coulée » marque concrètement l’avènement de l’usine du Nord : c’est bien vrai, les grandes tours métalliques de Vavouto vont produire du nickel ! Les dates se bousculent dans la tête de ceux, hommes politiques, dirigeants industriels, banquiers, représentants coutumiers, ouvriers et cadres, population locale enfin, qui ont participé à l’aventure : 1998, l’accord de Bercy dessine le projet d’implantation d’une usine métallurgique en province Nord et le confie à la SMSP, alliée au canadien Falconbridge ; 2004, les études de faisabilité du « projet Koniambo » s’achèvent ; octobre 2007, les grands travaux de construction de l’unité de production sont lancés, Xstrata, groupe industriel international qui a absorbé Falconbridge, en assumera l’entier financement ; septembre 2010, la population de VKP voit se dresser, sur la terre encore sauvage de Vavouto, les modules assemblés de l’usine et de sa centrale électrique, venus respectivement de Chine et d’Inde ; novembre 2012, la première ligne de production est construite ; avril 2013, le métal jaillit de l’un des fours…




Première coulée : en pratique de quoi s’agit-il ?

La mise en fonctionnement du premier four de l’usine constituait une étape essentielle dans la transformation du minerai du Koniambo en ferronickel. Elle avait commencé quelques mois plus tôt. La coulée technique accomplie le 10 avril correspond à son test ultime : la chaîne de production de Vavouto est prête.



Septembre 2012, la construction du four, dont l’intérieur est tapissé de briques réfractaires à la chaleur, est achevée.



Le 29 janvier 2013, le chauffage du four a débuté, à l’aide de brûleurs au fuel. Avant la première coulée, sa température augmentera en moyenne d’un degré par heure, jusqu’à atteindre environ 1000 degrés Celsius.



Concomitamment, à la main, on charge progressivement le four de plus de deux cents tonnes de ferraille et de grenaille d’acier, puis de mille tonnes d’un mélange de fer et de ferronickel en provenance de Falcondo, l’usine que possède Xstrata Nickel en République dominicaine. A ce stade, la matière introduite n’a pas encore fondu. Mais désormais, le four ne sera plus éteint.

La centrale électrique au charbon, autre infrastructure primordiale du complexe métallurgique, n’est pour l’instant pas en marche. Le four est alimenté en énergie par une turbine à combustion qui, en phase d’exploitation, servira d’installation de secours.



Le mercredi 13 mars 2013, le premier arc électrique est réalisé dans le four, pour en élever considérablement la température et permettre la fusion des matériaux déversés. Ceux-ci constituent alors un « bain liquide » qui recevra le minerai du Koniambo pour le fondre, lors de l’entrée officielle en production.



Le mercredi 10 avril 2013 a été fixé comme jour de la première coulée de métal ; en effet, le four est assez chaud. Les événements s’enchaînent.



A 10h30, l’équipe de métallurgistes rassemblée autour de Frédéric Briand, expert en coulée, se prépare. Astride Wema, Juliano Ounou, Franck Feliz Mejia Vasquez et Frédéric Briand revêtent une combinaison ignifugée pour résister à la chaleur intenable. La paroi du four est percée d’un premier trou, à la perceuse puis avec une lance à oxygène qui élève la chaleur entre 1 600 et 1 700°C.



C’est d’abord la scorie, formée au-dessus, qui est évacuée vers son godet de déchargement, puis emportée, encore en fusion, vers le site de stockage.



A 20h35, le four est à nouveau percé, mais cette fois pour faire s’écouler le nickel plus lourd, déposé au fond. La hauteur du bain de métal est mesurée régulièrement ; soudain, l’emplacement du trou est atteint, l’usine de Koniambo Nickel SAS livre ses premières tonnes de ferronickel. L’opérateur maintient le trou du four ouvert grâce à sa lance à oxygène, qui fond progressivement ; il en changera à plusieurs reprises. Quand l’usine exploitera le minerai du Koniambo, la percée du four sera très récurrente.



L’équipe récupère les échantillons de ferronickel pour en analyser la teneur en nickel, en fer, les caractéristiques…



Les tonnes de ferronickel produites sont déversées dans un godet qui, en phase d’exploitation, emportera le métal vers l’unité où il sera débarrassé de son soufre et conditionné en granules destinés à la vente.



Peter Hancock, le président de Koniambo Nickel SAS, réunit l’équipe qui a mené à bien cette coulée technique fondamentale, constituée de Calédoniens et d’experts en provenance de République dominicaine.




Place au minerai du Koniambo

Le succès de la mise en fonctionnement du four a permis, neuf jours plus tard, le 19 avril, de fondre du minerai du massif de Koniambo, selon le procédé décrit ci-dessus. L’événement a eu lieu en présence des partenaires historiques du projet : les élus de la province Nord et les représentants de l’Etat, de la SMSP et de Xstrata Nickel. Il a officialisé l’entrée en production de l’usine de Vavouto. En 2014, Koniambo Nickel SAS espère lui voir atteindre sa pleine capacité, soit 60 000 tonnes de nickel métal. D’ici là, il faudra mettre en marche la centrale électrique (entre août 2013 et mars 2014) ainsi que la deuxième ligne de l’usine pyrométallurgique (en novembre 2013 normalement).



Dans l’immense océan Pacifique, une île aussi belle que minuscule, la Nouvelle-Calédonie, héberge 0,0036% de la population du globe. Dans quelques mois, elle devrait devenir l’un des plus grands producteurs mondiaux de nickel. Grâce à la ressource minérale inestimable de sa terre. Grâce à la pugnacité d’une poignée d’hommes et de femmes qui, au gré des contingences des marchés économiques internationaux, ont associé leurs intérêts, les uns pour servir un objectif industriel, les autres pour faire aboutir un rêve de développement humain. Affaire à suivre…

Source : VKP INFOS

Avril / Mai 2013
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